
Installation de Samuel Torgeman
Samuel Torgeman développe depuis 1998 une pratique ancrée dans l'espace public, traversée par une obsession constante : le déplacement, le territoire, la trace que l'on laisse dans les espaces que à …
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Mis à jour le 8 septembre 2026
Détails
Samuel Torgeman développe depuis 1998 une pratique ancrée dans l'espace public, traversée par une obsession constante : le déplacement, le territoire, la trace que l'on laisse dans les espaces que l'on traverse. Autodidacte, puis formé à l'École Régionale des Beaux-Arts de Dunkerque, son travail s'inscrit dans une démarche de post-graffiti, un alphabet graphique fait de géométries aléatoires, de couleurs franches, de formes qui portent la mémoire du mur tout en circulant vers d'autres supports et d'autres contextes.
L'installation proposée à La Chapelle de Clairefontaine s'inscrit dans le cadre de sa résidence sur le territoire de Rambouillet. Sept bâches peintes, de format 3 m × 1 m, tendues verticalement depuis les rebords de fenêtres et le sol, rythmant le mur comme une partition. Les œuvres sont réalisées sur des bâches récupérées auprès de La Chapelle, elle-même d'anciennes bâches de communication repeintes, transformées. Ce réemploi n'est pas un geste accessoire : il inscrit le travail dans la matière même du lieu, dans son histoire visible.
Cette installation accompagne un second geste : l'arrivée d'une randonnée conduite depuis le Lycée Louis Bascan de Rambouillet. Deux classes de première option Arts plastiques auront marché douze kilomètres à travers les chemins forestiers, portant chacun leur drapeau réalisé en work-shop avec l'artiste, emblème d'une géographie intime, d'un territoire quotidien affectif ou mental. Ces drapeaux seront installés dans le parc de sculptures du centre d'art, où ils demeureront exposés jusqu'aux Journées européennes du patrimoine 2026.
Les deux gestes se répondent : l'installation sur la façade et les drapeaux des lycéens. D'un côté, une pratique artistique longue de vingt-cinq ans qui cherche à lire le territoire en y laissant une trace. De l'autre, des jeunes qui apprennent à nommer les espaces qu'ils traversent chaque jour sans toujours les voir. La Chapelle devient le point d'arrivée de cette double errance, le lieu où les traces se posent, se rencontrent, et commencent à dialoguer.