
Présentation du livre : "Saint-Guilhem-le-Désert, anatomie d’un regard", histoire chorale de deux cents ans d’images
Par BENOIT LARBIOU, Docteur en science politiques
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Mis à jour le 8 septembre 2026
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Par BENOIT LARBIOU, Docteur en science politiques
Dans la première moitié du XIXème siècle, plus précisément au milieu des années 30, deux mondes se rencontrent à Saint-Guilhem, celui des villes, incarné par les nouvelles élites sociales, représentants de la société des gens de lettres, et celui des campagnes.
Les premiers y retrouvent là, à quelques dizaines de kilomètres de la ville, mais malgré tout dans un monde encore éloigné, une société qu’ils conçoivent comme un « monument » de « l’ancienne France », celle d’avant la Révolution, d’avant les révolutions économiques, politiques et sociales, cette France éternelle dans laquelle la société lettrée de la monarchie de juillet se reconnait désormais.
Le peuple et les pierres leur parlent de cette France éternelle. Mais il y a pour eux urgence.
Les « démolisseurs », auxquels Victor Hugo voulait faire la guerre, sont à l’œuvre, détruisant les vestiges matériels de cette ancienne France, tout comme la rationalité démolit l’esprit de ce peuple fantasmé. Et cette société urbaine des gens de lettres « excursionne » ce monde fragile, collecte des pierres, des plantes, des légendes et des mythes, dessine, lithographie à foison ce qu’elle y rencontre afin de les conserver, de les protéger des entreprises de démolition, avec bientôt le concours de l’État, de fixer un monde en mouvement.
A partir de ses recherches sur la construction d’un récit public et sa diffusion au XIXème siècle et XXème siècle et de son ouvrage publié en 2023 "Saint-Guilhem-le-Désert, Anatomie d’un regard : Histoire chorale de deux cents ans d’images", et de nouvelles recherches en cours, Benoît Larbiou s’intéresse à cette rencontre entre ces deux mondes, incarné pour le premier par deux protagonistes, Raymond Thomassy (archiviste paléographe) et Jean Joseph Bonaventure Laurens (dessinateur et peintre), et un village bien réel, celui de 876 habitant·e·s pris·e·s dans leur réalité sociale par le premier recensement de la population française en 1836. Il s’agit pour lui d’interroger ce « voyage pittoresque et romantique » qui s’impose dans cette partie du siècle, tout à la fois comme une pratique sociale, comme un genre littéraire et une grammaire générative de points de vue.
Billets & conditions
Gratuit. Sans réservation.