
© DR-Benoit Guillaume les proces du siecle · via DATAtourisme
Les Procès du siècle – À notre humanité ! Saison 6
Cette saison des Procès du siècle interroge notre capacité à (re)faire humanité face aux périls climatiques, autoritaires, individualistes et technologiques qui se multiplient partout dans le monde. Cette année, une nouveauté, découvrez « La parole est à la rue : un micro-trottoir de Nicole Ferroni », proposé en surprise lors de certaines séances ! Une série de rencontres imaginées et produites par le Mucem et modérées par Rokhaya Diallo, Nora Hamadi, Jade Lindgaard, ou François Saltiel. Programme Atelier - La commission d’enquête un atelier de réflexion et de prise de parole, en lien avec les Procès du siècle. Plusieurs dates Une proposition menée, selon les dates, par Grégoire Ingold (metteur en scène) et Fabienne Jullien (comédienne), ou Carla Azoulay Zerah (comédienne) et Loïc Renard (comédien). Au cours de cet atelier ouvert à toutes et tous, les participants jouent à penser, à faire dialoguer des points de vue, à incarner différents vécus. Pendant une demi-journée, ils s’emparent du sujet du prochain Procès du siècle et apprennent, ensemble, à élaborer des argumentaires et des témoignages, dont certains pourront être portés à la barre et débattus lors du Procès du Siècle suivant. Entre art de convaincre et théâtre, la Commission d’enquête permet d’apporter le contrepoint civil dans les débats, car les enjeux de notre monde sont l’affaire de tous. Comment réussir à se parler ? Dans un monde polarisé et saturé de mots, est-il encore possible de dialoguer ? Une séance modérée par Nora Hamadi. Avec Mathilde Imer, menuisière-charpentière, militante écologiste, et Frédéric Taddeï, journaliste. Avec la participation de Vincent Giovannoni, conservateur en chef du patrimoine, responsable du pôle Arts du spectacle. À l’heure d’internet et des réseaux sociaux, la parole n’a jamais circulé aussi facilement et rapidement. Chacun peut faire entendre sa voix et ses opinions à grande échelle en un temps record. Mais ces paroles se rencontrent-elles dans une société polarisée, fracturée ? Qu’en est-il du dialogue, du débat ? Peut-on encore vraiment réussir à se parler ? Même quand on n’est pas d’accord ? À quelques mois des présidentielles françaises et face aux divisions et crispations qui touchent la France comme les États-Unis, la Russie ou la Colombie, comment créer un débat fécond ? Faut-il arrêter de faire du bruit ? Et, peut-être, apprendre à s’écouter ? Infos, médias : où est passé le pluralisme ? Comment s’assurer du pluralisme de nos médias, pilier incontestable de nos valeurs démocratiques ? Une séance modérée par François Saltiel. Avec Fabrice Arfi, journaliste, et Nathalie Sonnac, professeure en sciences de l’information et de la communication. Avec la participation de Mireille Jacotin, conservatrice en chef du patrimoine, responsable du pôle Vie publique au Mucem. À l’heure des réseaux sociaux, des plateformes numériques et des chaînes d’information en continu, on pourrait s’attendre à ce que l’abondance d’informations aille de pair avec une expression de la diversité des points de vue. Et pourtant. Le secteur médiatique est actuellement traversé par des crises qui impactent les principes d’indépendance et de pluralisme, et qui questionnent sa capacité à protéger nos valeurs démocratiques. Concentration dans les mains de quelques acteurs privés, critiques et attaques de l’audiovisuel public, stratégies idéologiques numériques… Comment protéger un paysage médiatique pluriel, qui demeure un pilier central de nos démocraties ? Pédocriminalité, des faits divers aux crimes systémiques Violences sexuelles commises envers les enfants : regarder la réalité en face et agir. Une séance modérée par Rokhaya Diallo. Avec Marie Grimaud, avocate, et Frédéric Pommier, journaliste. Avec la participation de Caroline Chenu, chargée de recherches et de collections au Mucem. Maltraitances dans les institutions scolaires et périscolaires, inceste au sein des familles, réseaux organisés, crimes et agressions… Les violences sexuelles commises envers les enfants occupent une place croissante dans l’actualité. La multiplication des révélations et l’ampleur des faits nous sidèrent autant qu’elles nous alertent. Longtemps traitées comme autant de faits divers isolés, ces violences imposent d’envisager le système qui les relie et d’interroger les mécanismes permettant leur perpétuation. À travers les témoignages de victimes, l’information, la littérature et le cinéma, la société commence à regarder cette réalité en face. Comment passer de la sidération à la prévention, de la révélation des faits à la protection effective des enfants ? Et surtout, comment comprendre et combattre les mécanismes systémiques favorisant la reproduction de ces violences ? Traite et servitude humaine, un mal indéracinable ? Quelles sont les réalités de l’esclavage contemporain, et comment lutter contre ces formes d’exploitation ? Une séance modérée par Nora Hamadi. Avec Cécile Allegra, journaliste et réalisatrice, et Alizée Depierre, sociologue. Avec la participation d’Hélia Paukner, conservatrice du patrimoine, responsable du pôle Art contemporain au Mucem. Traite d’êtres humains, travail forcé, cyberesclavage, mariage forcé, exploitation des enfants, esclavage domestique… Si l’on estime que 50 millions de personnes sont victimes d’esclavage contemporain dans le monde, elles sont très largement invisibilisées. À l’occasion de la Journée internationale pour l’abolition de l’esclavage, le 2 décembre, cette séance des Procès du siècle fait le point sur la subsistance de l’esclavage et les racines de ce tabou auquel le monde contemporain doit faire face. Après la rencontre, rendez-vous à la table de la Librairie-boutique du Mucem pour une séance de dédicaces. IA, on n’arrête (pas) le progrès L’IA, entre progrès illimités et urgence environnementale et sociétale. Une séance des Procès du siècle modérée par François Saltiel. Avec Lou Welgryn, militante, secrétaire générale de Data for good. Avec la participation de Charles Riondet, chargé de projets numériques et open data au Mucem. Alors que l’installation de centres de données explose au détriment de zones naturelles et périurbaines, les voix s’élèvent et les oppositions citoyennes se font entendre. Si l’intelligence artificielle semble promettre l’immortalité, l’infini et un progrès sans limite avec toujours plus de données, de savoirs, de vitesse et de puissance, elle est loin d’être désincarnée et mobilise des ressources humaines et naturelles, de l’énergie et de l’espace pour se déployer. Et se heurte à nos propres limites, environnementales et sociétales. Alors, jusqu’où sommes-nous prêts à l’envisager comme un progrès et à lui laisser une place ? Entre urgence climatique, innovation et souveraineté numérique, faut-il vraiment choisir son camp ? L’IA, « vers l’infini et au-delà » ? Après la rencontre, rendez-vous à la table de la Librairie-boutique du Mucem pour une séance de dédicaces. Queer attitude : amour, gloire et combat Célébration médiatique de la culture queer mais recul des droits LGBTQIA+, la lutte continue. Une séance des Procès du siècle modérée par Rokhaya Diallo. Avec la participation de Elise Vanriest-Dabek, conservatrice du patrimoine, responsable du Département des Collections et des Ressources documentaires au Mucem Alors que l’émission Drag Race France fait vibrer des millions de foyers et propulse la culture queer au sommet de la visibilité depuis 2022, la France stagne à la 15e place du classement européen des droits LGBTQIA+ (Rainbow Map 2026 d’ILGA-Europe) avec un score d’environ 61 %, traduisant une longue période de stagnation face aux avancées d’autres pays. Elle se hisse même au rang de championne des financements « anti-genre » derrière la Hongrie en 2025. Ce paradoxe est le reflet du ressac mondial qui marque profondément les années 2025 et 2026. Jamais les communautés LGBTQIA+ n’ont été aussi visibles dans les médias, l’art et les célébrations populaires. Pourtant, une vague de répression internationale fragilise des acquis que l’on pensait pourtant solides. Comment naviguer entre cette célébration festive et la nécessité absolue de faire front ? Comment transformer la ferveur culturelle en bouclier politique ? Après la rencontre, rendez-vous à la table de la Librairie-boutique du Mucem pour une séance de dédicaces. Addictions : à qui profite la défonce ? Enfin prendre soin de nos sociétés rongées par les addictions. Une séance modérée par Nora Hamadi. Avec Camille Charvet, psychiatre Avec la participation de Anna Millers, conservatrice du patrimoine, responsable du pôle Techniques, pratiques et récits du corps au Mucem. Alcool, tabac, stupéfiants, médicaments, réseaux sociaux, jeux d’argent… Sommes-nous tous devenus accros ? Les maladies mentales galopent, les vulnérabilités augmentent, la performance et les plaisirs immédiats sont devenus une quête sans fin… Nos sociétés sont-elles aujourd’hui addictogènes ? Quels sont les mécanismes, individuels mais surtout sociétaux, pour désamorcer les pièges de l’addiction ? Il y a urgence à construire des alternatives, afin que notre quête de bien-être ne se transforme plus en défonce organisée. A-t-on renoncé à une école inclusive ? Une séance des Procès du siècle modérée par François Saltiel. Avec la participation de Camille Faucourt, conservatrice du patrimoine, responsable du pôle Mobilités et Métissages au Mucem. Si l’école a longtemps incarné le lieu de l’égalité des chances et de l’émancipation par l’éducation, cet idéal d’inclusion semble avoir fait long feu. Plutôt que d’émanciper, on l’accuse de renforcer les déterminismes sociaux ; elle se doit d’accueillir tous les élèves avec leurs spécificités, mais peut-elle y parvenir face à des classes surchargées, des moyens réduits et une crise des vocations ? Face à des réalités de terrain complexes, l’école peut-elle encore être inclusive ? Faut-il y voir un échec français, alors que d’autres modèles européens semblent mieux concilier réussite et équité ? Et si l’école ne peut pas tout porter, comment peut-on lui redonner un rôle unificateur et émancipateur ? Le masculinisme : une menace à prendre au sérieux Comment la manosphère nourrit-elle un masculinisme de plus en plus radical ? Une séance des Procès du siècle modérée par Rokhaya Diallo. Avec la participation de Anna Millers, conservatrice du patrimoine, responsable du pôle Techniques, pratiques et récits du corps au Mucem. En janvier dernier, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes tirait la sonnette d’alarme dans son Rapport 2026 en titrant « La menace masculiniste ». Cet été, c’est la DGSI qui a pris la parole pour alerter sur la dimension terroriste du courant masculiniste radical en France. Des profils plus jeunes qu’avant – de 14 à 15 ans – , des processus de radicalisation plus rapides et des messages de plus en plus violents sur Tiktok et Instagram. Le masculinisme n’est pas une nouveauté. Né sous couvert d’une prétendue « crise de la masculinité », ce mouvement s’oppose frontalement au féminisme et défend un modèle inégalitaire. Mais comment est-on passé de la rhétorique antiféministe à une menace pour la sécurité nationale ? De la nébuleuse des incels (célibataires involontaires) aux MGTOW (men going their own way – les hommes qui suivent leur propre chemin) en passant par certains mouvements de pères séparés : qui sont réellement ces cyber-militants ? Comment la colère de ces jeunes hommes est-elle instrumentalisée politiquement pour éroder des décennies de droits des femmes ? Face à la convergence des luttes, assistons-nous à une convergence des haines ? Après la rencontre, rendez-vous à la table de la Librairie-boutique du Mucem pour une séance de dédicaces. En cas de forte affluence, une retransmission est prévue dans le forum. Après la rencontre, rendez-vous à la table de la Librairie-boutique du Mucem pour une séance de dédicaces. Bar et petite restauration sur place.
Coups de cœur
Mis à jour le 4 novembre 2026