
On a vu, on a aimé « Le Procès d’une vie » : le jour où les femmes ont dit non
Un spectacle récompensé par pas moins de 3 Molières en 2026 et que l’on vous conseille vivement de courir applaudir !
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Mis à jour le 13 août 2026
Détails
De quoi ça parle ?
Été 1971, Marie-Claire, 16 ans, tombe enceinte. Bien que ce soit un crime puni par la loi, elle ne veut pas garder l’enfant. Elle souhaite avorter. Solidaire, sa mère, Michèle, puis Lucette, Renée et Micheline mettent tout en œuvre pour l’aider. Mais l’avortement clandestin tourne mal… Automne 1972. Toutes les femmes se retrouvent inculpées. Une certaine avocate, Gisèle Halimi, orchestrera ce procès, dit de Bobigny. Leur courage a écrit la suite de l’histoire.
L’avis de la rédaction
Le spectacle s’ouvre sur une assemblée générale géante. On interpelle le public pour lui demander s’il aurait signé le fameux manifeste des 343 femmes appelant à la légalisation de l’avortement en avril 1971, on cite un extrait de l’article paru dans Le Nouvel Observateur et on confie même à Simone de Beauvoir le rôle de chauffeuse de salle. Le pari est risqué : transformer une page d’histoire militante en théâtre participatif. Et c’est réussi, car c’est cette énergie sororale qui va irriguer les 80 minutes du spectacle.
Avec sa distribution (six femmes et un homme) qui cumule plusieurs rôles, la troupe évite toute héroïsation : chacune porte une part du combat et rappelle que c’est la force du collectif qui a défié l’arbitraire.
On remonte donc le fil de l’histoire : une ado de 16 ans, violée, se retrouve enceinte et émet le souhait d’avorter illégalement ; une mère étouffée par des carcans sociétaux cherche une « faiseuse d’anges », comme on appelait celles qui aidaient aux avortements clandestins ; et une avocate qui fit du procès de Bobigny un débat politique. Les combats intimes surgissent, avant de se transformer en lutte collective. On suit leurs doutes, leurs hésitations, leurs élans, jusqu’à cette certitude commune : les femmes doivent pouvoir disposer librement de leur corps.
Avec cette pièce, Barbara Lamballais et Karina Testa tissent un rappel salutaire, soulignant habilement que les conquêtes sociales ne sont malheureusement jamais irréversibles.
- Khadija M.
Œuvre librement inspirée de la vie de Gisèle Halimi et de l’ouvrage Le Procès de Bobigny : choisir la cause des femmes (éd. Gallimard)
- Une pièce de : Barbara Lamballais et Karina Testa
- Mise en scène : Barbara Lamballais, assistée d’Armance Galpin
> 30 juin-29 août : du mardi au samedi, à 21 heures
> à partir du 2 septembre : du mercredi au samedi, à 21 heures ; dimanche, à 15 heures
> représentations supplémentaires : lundi 28 et mardi 29 décembre, à 21 heures
> relâches : jeudi 24 et vendredi 25 décembre, vendredi 1er janvier
Billets & conditions
Carré Or : 44 € 1re catégorie : 39 € 2e catégorie : 31 €