
Inframondes - Exposition artistique avec Cyrielle Gulacsy et Lucien Murat
À l’occasion des Journées européennes du patrimoine à l’Institut Pasteur, les artistes Cyrielle Gulacsy et Lucien Murat s’associent pour révéler un patrimoine méconnu et pourtant essentiel : le de 4…
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Mis à jour le 8 septembre 2026
Détails
À l’occasion des Journées européennes du patrimoine à l’Institut Pasteur, les artistes Cyrielle Gulacsy et Lucien Murat s’associent pour révéler un patrimoine méconnu et pourtant essentiel : le vivant invisible de nos sols.
Les bactéries composent 15% de la biomasse de la terre, lui donnent son odeur et forment de véritables constellations souterraines qui façonnent le monde par leur force invisible depuis 4 milliards d’années. Les microorganismes sont majoritairement invisibles, pourtant ils structurent profondément les écosystèmes, régissent les cycles du carbone, de l’azote et du phosphore, sont indispensables à la fertilité des sols et au fonctionnement des océans.
Cyrielle Gulacsy nous invite à comprendre et à contempler cette biodiversité microscopique. Son travail s’ancre dans le projet Science à la pelle: Un programme de recherche participatif invitant les citoyen(ne)s à collecter et à envoyer des échantillons de sols aux chercheurs, créant ainsi une cartographie vivante de la biodiversité microbienne. Prélevés partout en France, ces échantillons constituent une base de données considérable qui pourrait mener à la découverte de nouveaux remèdes contre des maladies infectieuses. Les oeuvres, réalisées à partir des données récoltées, prendront la forme de constellations racinaires témoins des populations microbiennes voisines circulant sous la surface du sol. Une invitation à explorer l’espace à nos pieds, à seulement quelques nanosecondes lumière de nous.
Lucien Murat explore l’inframonde biologique et nous invite à reconsidérer notre rapport à la terre. Pour ce projet, les oeuvres ont été réalisées en étroite collaboration avec les micro-organismes du sol. Chacune des peintures, réalisées en fibres et en pigments naturels, ont été enterrées pour une durée d’un mois. Une fois sortie de terre, l’état de la toile devient un véritable marqueur de la vitalité du sol: plus la dé gradation des fibres est importante, plus le microbiote est riche et en bonne santé. A l'aide de laine, les toiles dévorées sont ensuite suturées et réparées afin de combler les manques engloutis par la terre. Au-delà de combler un vide, le ravaudage rend visible par sa trame le travail des microbes et fait surgir sur les toiles la cartographie d’un monde fragile qui échappe à l’oeil humain.
Face à la crise climatique, il est d'une importance capitale de créer de nouveaux récits pour bousculer nos imaginaires. En dressant de nouveaux ponts entre l’art et la science, ce projet permet de rendre visibles les mondes invisibles qui se déploient sous nos pieds et en nous, mais surtout nous rappeler qu’il est essentiel de prendre soin de la terre et de nos corps dans un même geste.
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